lundi 23 novembre 2015

124 # LA BARBE-À-PAPA COLLE AUX PATTES



ENTENDU un imam, auteur, sur France-Inter ou Culture : "nul besoin d'attendre qu'un Président de la République se prénomme Abdallah pour s'apercevoir de ce que la France est devenue musulmane". Sûr... le journaliste laisse le gars qui prend la tangente en arabe gutturral dés qu'il le peut, jouissant de pouvoir enfin écorcher les oreilles de tout le pays, broder sur le thème de la charia et masquer au passage un discours creux, un non-discours, un tour de passe-passe quasi-chanté où la charria est le foulard et RIEN l'œuf de perdrix. Au sol, une mare de suffisance. Un éclair gris.

CONNAIS TON ENNEMI - Les quatre âges du djihad


" 1) L'exemple du Prophète

A partir du IXe siècle et de l'affirmation dogmatique du sunnisme, la vie et les dires du Prophète deviennent avec le Coran les sources principales du droit musulman. Or, dans la vie du Prophète, l'époque « médinoise » (622-632) d'organisation du premier État islamique et de guerre contre les infidèles (de La Mecque) tient le rôle central. La guerre pour le triomphe de la religion est sanctifiée.

2) Les temps abbassides (IXe-Xe siècle)

Le mot djihad s'impose au début du IXe siècle dans les premiers traités de droit de la guerre. L'Islam est désormais un empire, dont les frontières sont stabilisées, et qui se préoccupe de défendre ses territoires contre les incursions barbares plus que de les étendre. Le djihad, « première obligation collective » après les cinq obligations personnelles du croyant, est en fait le droit accordé par la religion à l'État de faire la guerre, défensive ou offensive.

3) Le djihad légitimant (après le XIIe siècle)   

L'effondrement des califats (XIe-XIIe siècle) prive l'islam d'une légitimité politique claire. Le djihad devient l'un des arguments majeurs de légitimation. Il est nécessairement double. La victoire obtenue sur les infidèles à l'extérieur donne autorité pour déclarer hérétiques ou incapables les rivaux à l'intérieur. Saladin (1169-1193) est la première grande figure de ce djihad, en ce qu'il triomphe à la fois du califat chiite hérétique du Caire et des Francs. L'apogée de l'Empire ottoman (XVe-XVIIe siècle) est aussi un long djihad mené à la fois contre l'Europe infidèle et contre la Perse hérétique.

4) Le djihad des confins

La popularité de l'esprit de djihad explique que les mystiques soufis, en particulier Ibn Arabi (1165-1240), en aient utilisé la métaphore pour désigner le combat de l'âme contre ses passions. Concrètement, le djihad resurgit le plus souvent aux confins de « l'Infidélité » et d'une société musulmane que les plus radicaux jugent toujours nécessaire de ramener à la pureté de ses origines. Un exemple : la chaîne des djihads soudanais et sahéliens des XVIIIe et XIXe siècles qui a largement contribué à modeler l'islam africain.
  
Entre le XIe et le XIIIe siècle, deux dynasties berbères, les Almoravides puis les Almohades, ont unifié le Maghreb et la péninsule ibérique. Pour la première et dernière fois, un pouvoir maghrébin gouvernait les deux rives du Détroit de Gibraltar. Par trois fois dans l’histoire le Maghreb, c’est-à-dire la partie occidentale de l’Afrique septentrionale (actuels Maroc, Tunisie, Algérie et Libye), et la péninsule ibérique ont été unifiés dans un même ensemble politique. D’abord par des « étrangers » : les Romains à partir du Ier siècle avant notre ère jusqu’au Ve siècle, puis les Arabes aux VIIe et VIIIe siècles. entre la fin du XIe siècle et la fin du XIIIe siècle, enfin, c’est la population « indigène » du Maghreb, les Berbères, qui fut à l’origine de plusieurs empires. Nomades ou sédentaires, organisés en groupes tribaux plus ou moins importants, les Berbères étaient alors loin d’être culturellement unis. Certains s’étaient romanisés, christianisés, d’autres, ou leurs descendants, arabisés ou convertis à l’islam, d’autres enfin étaient restés animistes et avaient conservé leur parler, le berbère. La période des empires « berbères » est contemporaine des croisades latines en Orient ; elle accompagne la revivificEation de l’islam par des « peuples nouveaux », Turcs en Orient, Berbères en Occident. Appuyées sur des tribus qui constituaient les forces vives de leurs armées, deux dynasties, les Almoravides (fin du XIe siècle-1147) puis les Almohades [1] (1147-1269) se sont succédé. Dans la période de sa plus grande extension, à la fin du XIe siècle, l’empire almoravide s’étendait du fleuve Sénégal au sud, jusqu’aux faubourgs de Tolède au nord, et de l’Atlantique à l’Ouest, au centre de l’Algérie actuelle, à l’Est. L’empire almohade, lui, plus méditerranéen et moins africain, recouvrait au début du XIIIe siècle le Maghreb, du rivage des Syrtes à l’Atlantique, ainsi qu’Al-Andalus, la partie de la péninsule ibérique appartenant à l’islam. Comment les berbères, sans tradition administrative ou politique, ont-ils réussi à fonder des empires aussi grands et puissants qu’éphémères ?

Islamisation et arabisation

Au VIIe et au VIIIe siècle, le Maghreb est entré dans l’orbite des califes orientaux, Omeyyades de Damas jusqu’en 750 puis Abbassides de Bagdad. Cette intégration ne s’est pas faite sans résistance. Dès 690, une femme, la Kahina, « reine des Aurès », soulève la population contre les gouverneurs arabes, mais elle est finalement vaincue et décapitée en 704. Les révoltes berbères se poursuivent et débouchent dans les années 740 sur la création de petites principautés contestant, au nom de l’islam, l’autorité des califes qui prétendent diriger l’intégralité de la communauté de l’islam (umma). Une étape importante est franchie en 909 quand une dynastie chiite rompt l’unité califale en proclamant à Kairouan (en Tunisie actuelle) l’avènement d’un imam fatimide. C’est grâce à la participation et au soutien d’une tribu berbère très importante, les Kutama, que les Fatimides ont pu conquérir le pouvoir. Mais ces derniers gardent le regard tourné vers l’Orient : en 969, ils transportent leur cour dans une nouvelle capitale fondée en Égypte, Le Caire, abandonnant ainsi le Maghreb, qu’ils n’ont pas réussi à unifier, à des lieutenants berbères qui vont rapidement s’émanciper, les zirides. Au XIe siècle, le maghreb est donc dirigé depuis près de quatre siècles par des gouverneurs nommés ou reconnus par des pouvoirs orientaux musulmans, syriens, irakiens ou plus récemment égyptiens. Pourtant, l’islamisation et l’arabisation de cette « périphérie » du monde musulman médiéval sont encore loin d’être complètes. La population des villes parle vraisemblablement l’arabe et pratique la religion musulmane ; en revanche, dans les campagnes, dans les zones de nomadisme et dans les montagnes, les populations conservent en grande partie leurs traditions et leur langue, voire leurs croyances. seules les élites politiques sont alors partiellement islamisées. La religion musulmane leur fournit en effet des opportunités sociales au point qu’elles se trouverons capables de fonder un empire.

L'empire amoravide 

Tout débute dans les années 1040 par le voyage en orient, à l’occasion du pèlerinage à La Mecque, du chef d’une tribu berbère sanhaja du Sahara (dans le sud du Maroc actuel), Yahya ibn ibrahim. Celui-ci revient parmi les siens bien décidé à réformer les moeurs à l’aune des pratiques arabes orientales, considérées comme norme et modèle – les populations berbères ont quant à elles développé un islam particulier, souvent contestataire. Il sollicite un célèbre docteur de la loi de Kairouan qui lui adjoint un missionnaire-théologien, ibn Yasin. Entre 1040 et 1070, les tribus berbères sanhaja, sous la double direction, politico-militaire, de Yahya ibn ibrahim et, religieuse, d’ibn Yasin, parviennent à fédérer autour d’elles, au nom de l’islam, une grande partie des forces du maghreb. De 1070 à 1090, ceux que l’on appelle désormais les Almoravides s’emparent des plus grandes villes du Maroc actuel et d’Al-Andalus aux dépens des principautés musulmanes existantes. ils prônent le retour à une fiscalité coranique et l’accomplissement du jihad (« guerre légale ») contre les chrétiens du nord de la péninsule ibérique : ceux-ci viennent en eff et, en 1085, de s’emparer de la ville musulmane de Tolède. Au terme de ces quelques années de construction étatique, tous les éléments sont en place : une capitale, Marrakech, fondée en 1071 ; un souverain incontesté, Yusuf ibn tashfin (1072-1106) ; une idéologie, la réforme des moeurs, c’est-à-dire le respect des normes coraniques ; le jihad contre les principautés chrétiennes dans la péninsule ibérique et contre les « hétérodoxes » du Maghreb. surtout, le pouvoir almoravide repose sur un cadre juridique et légal, le malékisme, une des quatre écoles juridiques sunnites, caractérisée par sa rigueur morale et par l’importance accordée aux docteurs de la loi ainsi qu’à la casuistique qu’ils sont les seuls à maîtriser. Ces juristes et oulémas sont un pilier du régime : ils sont sollicités pour valider et cautionner par des avis juridiques (fatwa) toutes les décisions prises par le souverain. Les tribus fondatrices de l’empire almoravide présentent en outre quelques originalités. En effet, des éléments de matrilinéarité y dominent : la femme joue un rôle politique important, elle n’est pas voilée, cependant que les hommes le sont, portant le « voile de bouche » (à la façon des hommes en « bleu » d’aujourd’hui). Ainsi, avant d’être la femme de Yusuf ibn tashfin, zaynab al-Nafzawiyya épousa successivement plusieurs chefs tribaux, dont elle se sépara au moment opportun. réputée de grande beauté et de fort caractère, elle est un personnage incontournable dans la mise en place de l’empire almoravide et dans l’avènement de Yusuf ibn tashfin. Souvent présentés dans les sources comme d’austères hommes du désert, analphabètes et rudes, les Almoravides mettent en place une administration originale, fortement décentralisée. A la tête de l’empire se trouve un prince portant le titre d’amir al-muslimin (« prince des musulmans »), forgé sur le modèle du titre d’amir al-mu’minin (« prince des croyants ») [2] : le souverain almoravide ne prétend pas à la direction de l’ensemble de la communauté des croyants ; il revendique une autorité « dérivée » sur une portion du territoire de l’islam. La réforme religieuse défendue par les Almoravides s’intègre dans un légalisme extrême et se rattache à l’autorité supérieure du calife abbasside de Bagdad : elle place le Maghreb et Al-Andalus dans le giron oriental, faisant des régions dirigées par l’émir almoravide une province de l’ensemble califal oriental de l’empire de l’islam. Les Almoravides tirent même un motif de gloire, une légitimité, de cette dépendance vis-à-vis du pouvoir central irakien : le nom du calife abbasside est prononcé le vendredi dans le sermon des grandes mosquées de l’empire, et mentionné sur les belles monnaies d’or que les Almoravides frappent en masse, profitant du contrôle des voies africaines de l’or. Les gouverneurs de la vingtaine de provinces d’Al-Andalus et du maghreb que compte l’empire disposent de l’ensemble des prérogatives régaliennes : justice, guerre légale, fiscalité. recrutés dans la tribu du souverain, ils sont responsables de toutes leurs entreprises et sont au bout de deux ou trois ans mutés ou remplacés à leur poste. Les souverains almoravides ont utilisé dans leur administration les lettrés andalous dont le rôle politique avait été très important au XIe siècle. Quoique soumettant leurs décisions à l’avis préalable des juristes – qui de fait cautionnent la dynastie –, ils ont favorisé l’essor de la poésie, de la littérature et des arts. Même si, à la suite des auteurs almohades quise sont employés à discréditer la dynastie almoravide, de nombreux historiens, comme Reinhart Dozy au XIXe siècle, ont minimisé son rôle, c’est donc bien l’empire almoravide qui, dès le XIe siècle, a mis en place une structure étatique transcontinentale dont allaient hériter les Almohades. Pour la première fois de l’histoire, un pouvoir maghrébin gouverne les deux rives du détroit de Gibraltar. Les Almohades vont s’engouffrer dans cette voie : durant les deux périodes, la capitale de l’ensemble territorial est Marrakech, fondation almoravide, tandis qu’Al-Andalus dispose d’une ou plusieurs capitales secondaires, Séville, Cordoue et/ou Grenade. Alors qu’au Xe siècle le Maghreb occidental était la zone d’influence des califes omeyyades de Cordoue d’un côté, des califes fatimides de Kairouan et du Caire de l’autre, dès la fin du XIe siècle, c’est le maghreb qui a l’initiative et le pouvoir d’influence.

L'empire Almohade

La disparition des Almoravides au XIIe siècle est liée à plusieurs facteurs, parmi lesquels l’incapacité de la dynastie à mener deux guerres de front, l’une au nord contre les principautés chrétiennes de la péninsule ibérique (Catalogne, Castille-Leon, Aragon), l’autre, à partir des années 1120-1130, contre les Berbères masmuda, des montagnards sédentaires de l’Atlas soulevés au nom d’une nouvelle réforme de l’islam par ibn tumart : les Almohades. A son retour d’un voyage en orient, ibn tumart décide de réformer les moeurs et de renverser les souverains almoravides qu’il considère comme impies. il leur fait notamment le reproche de donner à Dieu une forme humaine. Notons que l’enthousiasme de ce réformateur berbère a failli lui jouer bien des tours : jeté par-dessus bord du navire qui le ramenait d’Orient par des compagnons qui ne supportaient plus ses réprimandes, chassé à coups de pierres des différentes villes où il est passé, c’est finalement dans les montagnes de l’Atlas qu’ibn Tumart s’est fait adopter et qu’il instaure un véritable culte en sa faveur. Entre 1125 et 1155, les Almohades sortent peu à peu des vallées encaissées de l’Atlas et s’emparent des villes des plaines marocaines, en particulier, en 1147, Marrakech où meurt le dernier souverain almoravide, puis de la presque totalité du Maroc et de la Tunisie actuels, ainsi que d’Al-Andalus. De l’empire almoravide à celui des Almohades, les éléments de continuité sont importants : on l’a dit, les deux dynasties berbères ont adopté la même capitale, Marrakech ; elles ont, toutes deux cherché à mettre en place une réforme religieuse. Mais les Almohades introduisent une rupture radicale dans l’organisation et l’idéologie impériales : dès le milieu du XIIe siècle, ils rejettent la suzeraineté des Abbassides ; le souverain almohade est calife à part entière. Cette réforme a d’énormes conséquence. En effet, il s’agit rien moins que refonder en terre d’Occident l’empire originel de l’islam. Les Almohades affirment donc la prééminence, au XIIe siècle, des territoires occidentaux de l’islam sur toutes les autres parties du monde musulman. Dans une religion qui s’est présentée elle-même comme aboutissement, puisque Mahomet y est le « sceau des prophètes », dans une histoire où domine le poids de la tradition et où toute innovation est d’emblée perçue comme « blâmable », la seule réforme possible consiste à se rapprocher le plus possible des premières décennies de la Révélation de Mahomet et de la mise en place du califat (vers 612-fin VIIe siècle). Poussant cette logique à l’extrême, la réforme almohade s’affiche comme une « révélation bis », une reproduction, cinq cents ans plus tard, de la geste de Mahomet. Voilà la péninsule arabique dépossédée du prestige que lui avait conféré la prédication du Prophète au profit du nouveau centre de l’islam que constituent Ibn Tumart, sa doctrine, l’almohadisme, et le Maghreb qui les a vus naître. La dimension messianique du pouvoir almohade est confirmée par le statut de « mahdi » attribué au fondateur du mouvement. Dans les croyances chiites, puis sunnites, le mahdi est censé annoncer la fin des temps et le Jugement dernier, guider les fidèles et combattre les forces de l’Antéchrist au côté du Messie, l’oint de Dieu, Jésus-Christ. En outre des généalogies fictives font remonter non seulement Ibn Tumart, mais aussi son premier successeur, Abd al-Mu’min (imam-khalifa, c’est-à-dire un « guide-successeur », 1130-1162), à Ali, le gendre et cousin du Prophète. Enfin, de manière plus générale, la terminologie de l’islam originel est presque systématiquement plaquée sur l’histoire de l’Occident musulman almohade. Après le mahdi-prophète (le premier terme annonçant la fin des temps et le second une nouvelle origine), recommence l’ère du califat. Dès 1147 et la prise de Marrakech, Abd al-Mu’min manifeste son ambition universaliste à diriger l’ensemble du territoire et la communauté de l’Islam. Il concurrence, dans la titulature, dans les prérogatives, dans la légitimité et, plus généralement, dans le domaine idéologique, les califes abbassides de Bagdad et fatimides du Caire. Ce premier imam-calife almohade est le véritable artisan de l’empire, de l’idéologie qui le sous-tend et de la dynastie qui le gouverne, au point qu’on parle de la dynastie « mu’minide ». Les quatre premiers califes almohades reçoivent, au début du XIIIe siècle, sur les monnaies et dans les sources textuelles, le qualificatif de rashidun (« bien guidés ») qui désignait au VIIe siècle les quatre premiers califes de l’islam (Abu Bakr, Umar, Uthman et Ali) ; leurs entreprises militaires sont décrites comme identiques aux futuhat, les conquêtes des premiers califes, sanctifiées par la tradition musulmane. En outre, dans ce contexte messianique, les Almohades, probablement à l’initiative d’Abd al-Mu’min, réinventent une relique : un exemplaire du Coran attribué à Uthman, portant son sang ou rédigé de sa propre main [3]. Cette relique est mentionnée de manière systématique dans les sources textuelles et reçoit un culte de la part de la dynastie, au côté du livre contenant la profession de foi d’Ibn Tumart. Lors des cortèges militaires, ces deux exemplaires précieux sont exhibés sur une chamelle blanche et sur une mule. Ils sont conservés tous deux dans la mosquée sanctuaire de Tinmal (actuel Tinmel dans le Haut Atlas marocain), lieu de naissance du mouvement almohade, sépulture d’Ibn Tumart et, un temps, nécropole impériale. Outre la réforme religieuse, l’Empire almohade se caractérise par un nouveau système d’administration provinciale : il prive de leur autonomie les gouverneurs régionaux. Ceux-ci ne sont d’ailleurs plus recrutés dans la tribu du souverain mais exclusivement parmi les sayyid, soit la nombreuse descendance d’Abd al-Mu’min. Ainsi, à l’autorité politique du souverain sur ses administrateurs provinciaux s’ajoute l’autorité « naturelle » du père sur les fils. Les savants et les juristes andalous jouent un rôle fondamental dans l’appareil d’État almohade, comme en témoigne la lignée prestigieuse des Banu Rushd : le grand-père (mort en 1126), auteur d’une monumentale compilation de consultations juridiques, fut, sous les Almoravides, grand cadi malékite de Cordoue. Son fils et son petit-fils suivent sa trace : ce dernier, homonyme du grand-père, est connu en Occident sous le nom d’Averroès ; juriste, médecin, philosophe, conseiller et ministre des califes almohades, il est l’interprète et le commentateur d’Aristote, un maillon très important dans la transmission des oeuvres de l’Antiquité grecque à l’Occident latin médiéval. Averroès n’est pas une personnalité isolée : durant ces deux siècles arabo-berbères, l’Occident produit un très grand nombre de penseurs et de savants, mystiques, écrivains, poètes, architectes, géographes, astronomes ou astrologues, certains musulmans, d’autres chrétiens ou juifs, tous arabisés. La ville de Jativa, en Espagne, est le plus grand centre de production de papier de la Méditerranée occidentale, et c’est la conquête de cette ville par les Aragonais, au XIIIe siècle, qui permet l’introduction, dans l’Occident latin, du papier, vecteur bon marché du savoir, cinq siècles après sa diffusion dans le monde musulman.

Une lente décomposition

Cette période d’effervescence intellectuelle et scientifique, d’échanges entre monde latin et monde arabe a parfois fait rêver. La réalité est plus complexe. Le xiie siècle fut aussi celui de grands affrontements, dans le cadre des croisades orientales, de la Reconquista ibérique et du jihad. De tous côtés, les minorités en pâtissent : expulsions, réductions à l’esclavage, destructions de biens et de personnes se répondent. Les mozarabes, chrétiens arabisés d’Al-Andalus, disparaissent alors, exilés au Maghreb ou réfugiés dans les principautés chrétiennes du nord de la péninsule Ibérique. Quant aux Juifs de l’empire, ils sont contraints par les califes almohades, dès la fin du xiie siècle, à porter des vêtements distinctifs de couleur jaune. C’est vers le milieu du XIIe, aussi, que Maïmonide, le grand philosophe, théologien et médecin juif, originaire de Cordoue, doit s’exiler et se réfugier en Orient, à la cour de Saladin. Avec la fin de l’Empire almohade s’achève l’unité politique du Maghreb. A partir de 1229, les califes ne règnent plus sur la péninsule Ibérique, et l’Ifriqiya (la Tunisie actuelle) s’émancipe de Marrakech pour des raisons de dogme : elle devient indépendante sous la dynastie hafside qui tire sa légitimité de sa fidélité au message du Mahdi Ibn Tumart. Au Maroc, les Almohades parviennent difficilement à maintenir leur autorité sur un territoire qui se réduit comme une peau de chagrin. En effet, un nouveau pouvoir émerge au Maroc, les Mérinides, qui, après plusieurs décennies de combat, s’emparent en 1269 de Marrakech. Leur capitale est Fès et le centre de gravité du Maroc bascule vers le nord. Pourtant toute trace de l’« épopée almohade » ne disparaît pas avec la dynastie, et des auteurs maghrébins du XIVe et du XVe siècle rapportent que des pèlerins continuent de venir se recueillir sur la tombe d’Ibn Tumart, à Tinmal. Les Almoravides et les Almohades ont donc bien joué un rôle décisif dans l’islamisation et l’arabisation des tribus berbères, ainsi que dans la diffusion du monothéisme sur le pourtour méditerranéen. Dès l’époque almoravide, une étape décisive est franchie dans l’islamisation du Maghreb par la prise du pouvoir par les Berbères. L’époque almohade prolonge le mouvement en favorisant l’arabisation de l’Occident musulman et la diffusion de la culture politique, poétique, religieuse arabe et musulmane dans la société locale. Une lettre du calife Abd al-Mu’min affirme, vers 1150, que la doctrine almohade doit être connue jusque « dans les maisons, par tout le monde, libre ou esclave, homme ou femme ». Alors qu’en Orient l’influence turque s’est fait sentir très nettement, du point de vue lexicologique, linguistique, culturel et religieux, en Occident les Berbères se sont moulés dans l’« arabisme » des savants, au point de s’approprier, à l’époque almohade, la révélation prophétique de Mahomet dont ils se sont proclamés les vrais héritiers. "

OYEZ, OYEZ : LE MAL EST DANS LE FRUIT COMME DANS LES RACINES 


" À la différence du christianisme où Jésus n’est pas responsable des violences religieuses commises par la chrétienté, Mahomet est responsable de la violence structurelle de l’islam à l’égard des non-musulmans. Dans l’histoire des religions, plus particulièrement en ce qui concerne la création des religions, le cas de Mahomet est extraordinaire, mais hélas au sens négatif. De tous les créateurs connus de religions, c’est certainement celui qui est allé le plus loin dans l’utilisation de la violence et de sa justification religieuse. Il n’a pas inventé le monothéisme, mais sa refondation religieuse du judaïsme est une religion à la Robespierre. Pour défendre et propager sa religion, il n’a pas hésité à faire attaquer et piller des caravanes (autant comme source de revenus que pour affaiblir ses adversaires polythéistes); il a fait systématiquement assassiner les critiques et les opposants à son emprise croissante sur Médine (dont des poètes et des femmes); il a mené une guerre victorieuse contre les armées mecquoises qui voulaient l’empêcher de piller leurs caravanes (et non pas pour des griefs religieux) ; il a imposé un ordre puritain et totalitaire à Médine une fois qu’il a été suffisamment puissant ; il a éliminé les tribus juives de Médine qui ne voulaient pas se convertir à l’islam, soit en les chassant militairement de Médine et en les spoliant de leurs biens (tribu des Banu-Kainuka en 624 et tribu des Banu-Nadhir en 625), soit après la bataille du fossé en 627, en faisant décapiter tous les hommes de la dernière tribu juive sur la place du marché de Médine (entre 600 et 700 prisonniers) et en s’appropriant leurs biens, leurs femmes et les enfants (tribu des Banu-Kuraiza) ; une fois de retour à la Mecque en 630, il fera chasser de la Mecque toutes les autres religions et interdira la ville aux non-musulmans ; il a usé personnellement et a justifié religieusement le recours à la ruse tactique, à la rançon, à la razzia, à l’esclavage, à la trahison, à la diplomatie dilatoire et à tout autre moyen utile à l’établissement et à la propagation de sa religion. Dans le coran, il donnera une justification révélationniste et une modélisation théologique à ces actions violentes, actions désormais légitimisées par des commandements divins. Tout cela n’a pas été fait après lui, par des adeptes zélés qui auraient mal interprétés son message, ces actions violentes contre les non-musulmans sont une partie de son message et le premier exemple de djihâd, c’est lui-même qui les a accompli et qui a fondé grâce à cela la première théocratie musulmane. L’action prophético-militaire de Mahomet est exemplaire sur bien des points. Elle permet de démythifier et de démystifier la religiogenèse, notamment le mythe diffus qui affirme que les fondateurs de religion auraient une dimension mystique et spirituelle supérieure au commun des mortels. La création mahométaine de l’islam en est la preuve. La création d’une religion ne dépend pas en soi de la qualité humaine, morale ou spirituelle de ses fondateurs, mais de leur détermination et des moyens adéquats adoptés pour la viabiliser. N’importe qui peut donc créer une religion, qu’il soit sincère et désintéressé ou qu’il soit manipulateur et intéressé, qu’il soit mu par l’amour de l’humanité ou l’amour de soi, qu’il soit illuminé délirant ou tacticien froid et prudent. Le fait que Mahomet ait du sang sur les mains et qu’il n’ait pas eu de scrupules à utiliser la violence pour cela n’est pas contradictoire avec le principe de l’élaboration d’une nouvelle religion, surtout quand cela a réussi historiquement. De toute façon, une fois que cette religion sera établie, faites-lui confiance pour parer leur fondateur de toutes les qualités humaines, spirituelles et mystiques idéales ! Les religions sont des créations humaines, qui sont profondément orientées par la personnalité de leurs fondateurs, avec leurs qualités et leurs défauts, leur génie et folie, leurs vices et leurs vertus, avec leurs connaissances et leurs ignorances, avec leurs amours et leurs haines, avec leur raison et leur déraison, avec leur humanité ou leur inhumanité. Cela n’est évident à discerner dans le cas de Jésus en raison de l’élaboration tardive, a posteriori, diffuse et progressive du christianisme, de même pour les prophètes hébraïques de l’Ancien Testament comme Moïse dont l’historicité est déjà sujette à caution. Par contre, l’action prophético-militaire de Mahomet ne laisse pas de doute sur cela, si les modèles de violences religieuses qu’il utilisera sont déjà présents dans le judaïsme ancien pour les grandes lignes, c’est bien lui qui focalisera l’islam et le coran dessus, qui fondera les principes du djihâd. La responsabilité personnelle de Mahomet en la matière est absolue. Quel homme fut-il pour créer une telle religion ? Ses actions parlent par elles-mêmes. Elles sont la seule réponse réelle et fiable à cette question, et l’islam en tant que religion violente et obscurantiste est bien sa création. Wahabites, salafistes, frères musulmans, Ben Laden et consorts, ayatollah Khomeini, Hamas, Hesbollah, GIA, Joundallah, etc., sont bien les héritiers spirituels de Mahomet, fidèles à l’esprit, aux actions et au Coran de Mahomet et non les théologiens qui s’efforceront, tels Averroès, Sohrawardi ou Ibn al-Qayyim, d’interpréter par la raison et la modération les exhortations coraniques au djihâd et les autres principes de l’Islam. "


Éric Lowen

Propos Ad Hoc
27/12/2012

LA BARBE-À-PAPA COLLE AUX PATTES

Tareq Oubrou, grand-imam de la mosquée de Bordeaux, est parfaitement d'accord avec le principe de fermeture des mosquées salafistes. Il connait leurs points faibles, comment, délaissées, elles ont peu à peu reçu l'emprise de ceux qui, il y a trente ans encore, les fuyaient tant ils en étaient éloignés. Mais qu'est-ce que cela change et qu'est-ce qu'il y peut faire. Que sur cette terre et dans notre pays, des gens de bien se soient accaparé à leur manière un islam pacifique, pacifiste et aimable, est en soi, d'après mon analyse, UNE ANOMALIE, mais une anomalie réelle, dénombrable et bien vivante. Anomalie qui fout la merde, pourtant, et plus encore à l'heure de se battre comme aujourd'hui qu'à l'heure de faire la paix comme hier quand nous la protégions du racisme. Car hors cela, hors cette minorité mondiale et partiellement bordelaise, l'islam dans les textes, l'islam dans le cheminement historique, l'islam par l'utilisation politique, est encore une fois l'équivalent spirituel d'une aberration mathématique : c'est en tout cas une très mauvaise farce, celle d'un prophète père-fouettard historique, critique es-Dei et législateur suprême par le sang : Mahomet le Conquérant, le Grand-Guignol du Diable, celui qu'on ne représente pas parce qu'il brûle. Il ne s'agit donc plus en aucune manière de ne pas faire d'amalgame mais bien de parvenir à faire le moins de mal possible aux innocents tout en châtiant le plus sévèrement possible les coupables, qui sont aussi des victimes mais en-dehors de toute juridiction, à court-terme, à moyen-terme, à long-terme, toujours, partout et, en tout cas, en tout lieu français. C'est là où il s'avère qu'indubitablement, la politique est un métier. Quant à la diplomatie, n'en parlons pas. L'Histoire nous apprend que depuis longtemps en France comme à l'extérieur, les deux sont mal faites. Cékomeça.

Ça vaut aussi pour les œufs de Pâques, les sachets de crêpes et les gaufres-Chantilly, mais la confiserie suspecte Numéro 1, en France, reste la Barbe-à-Papa. Si vous voyez une barbe-à-papa sortir d'une mosquée, cherchez pas : elle a changé de camp. Restez sucre-et-miel, ne courez pas, et si vous ne voyez pas de chargeur 30-coups dépasser à côté du petit bâton, rendez-vous tout-de-même au commissariat le plus proche pour exprimer vos doutes, vos craintes, et surtout les détails topographiques de l'action terroriste que vous avez entendue planifiée à voix-haute. C'est plus prudent.


La putain de sa mère, sale enculé d'arabe, t'as rien dans la tronche et t'as cru que le français allait tendre son cul et te sucer le spaghetti, espèce de saloperie priante : tu vas juste fermer tes putains de mosquées et rentrer dans ton trou puant avant qu'on ne te défonce la gueule à coups de pioche. L'unique prière à faire maintenant, enfants de putains, rejets de bâtards, sera pour éviter comme je vous le souhaite que le FN bientôt au pouvoir ne me confie quelque responsabilité que ce soit. Dans le cas contraire, vous disparaissez de l'État-Civil. Notez bien que ça n'a rien d'identitaire : c'est personnel.


VALLS, tu te moques de qui
avec tes perquiz de tafiole ?

Empêcher de nuire, ça te parle.


T'as Brest, Marseille, Aubervilliers pour les plus repérées.


Si tu te démotives, t'auras pas de Captagon mais t'auras ça. 
Penses-y, tu courras plus vite :



PÉTITION DES SALES CONS DU FN